Ahmed Arrad, ancien cadre de la Fédération de France du FLN, revient sur les manifestations du 17 octobre 1961, soulignant qu'elles furent le résultat d'une organisation politique structurée contre la répression coloniale. La décision du préfet Maurice Papon d'imposer un couvre-feu discriminatoire a poussé la communauté algérienne à manifester pacifiquement, exposant ainsi au monde entier la nature brutale du système colonial. Ce mouvement a permis d'internationaliser la cause algérienne en déplaçant le front au cœur même de la France. Arrad évoque le bilan tragique de plus de 400 morts et des milliers d'arrestations. Il souligne également le rôle crucial de la Fédération dans le soutien financier et politique à la Révolution, ainsi que les mouvements de solidarité et les grèves de la faim dans les prisons, qui ont fini par attirer l'attention des Nations Unies. Pour lui, la reconnaissance des crimes coloniaux demeure un impératif pour la mémoire historique.