Près de deux mois après les feux destructeurs ayant frappé l'est de l'Algérie, les wilayas de Béjaïa et Jijel portent encore les stigmates d'une nature ravagée. À Aït Smaïl, notamment à Tamagarth, les forêts autrefois luxuriantes ont laissé place à un décor noirci et silencieux. La violence des flammes, qui ont tout balayé sur leur passage, a détruit des milliers d'oliviers, des cultures et des cheptels. Le maire, Sadek Rebai, rapporte la perte de 585 hectares de terres, 30 000 arbres fruitiers et des milliers d'animaux. L'absence de précipitations entrave la régénération naturelle, rendant le paysage sinistre. Si les habitants se réjouissent de l'absence de pertes humaines, l'ampleur des dégâts matériels est immense, et l'odeur persistante du brûlé témoigne d'une blessure environnementale qui nécessitera des années pour cicatriser.