La nuit du 17 octobre 1961 demeure une page sombre de l'histoire de Paris. Tout a commencé le 5 octobre avec l'instauration par Maurice Papon d'un couvre-feu discriminatoire ciblant exclusivement les Algériens. En réponse, des milliers de manifestants pacifiques, incluant des familles entières, ont défilé pour réclamer l'indépendance de l'Algérie. La répression fut brutale : les forces de l'ordre ont ouvert le feu, battu les manifestants et jeté des corps dans la Seine. Si les autorités ont longtemps minimisé le bilan, les historiens estiment désormais qu'entre 200 et 400 personnes ont péri, avec des milliers d'arrestations. Malgré des décennies de silence officiel, des reconnaissances partielles ont été exprimées depuis 2012 par les présidents français, qualifiant ces faits de crimes impardonnables. Les familles des victimes continuent toutefois d'exiger une reconnaissance pleine et entière de la responsabilité de l'État.