Après deux décennies de consensus sur la question du Sahara occidental, l'obligation d'un vote formel lors de la dernière session de la Quatrième Commission a mis le Maroc en difficulté. L'agence de presse officielle marocaine a interprété le texte adopté de manière très éloignée de sa réalité juridique, en y intégrant des notions d'« autonomie » et de « souveraineté » absentes du document officiel. Le texte onusien, qui traite avant tout de la décolonisation et du droit à l'autodétermination, distingue clairement les « parties » aux négociations des pays voisins, contredisant la thèse marocaine des « quatre parties ». En modifiant certains termes pour privilégier une rhétorique de la « pragmatique » au détriment de « l'autodétermination », les autorités marocaines ont cherché à masquer le malaise diplomatique engendré par le vote américain contre la résolution. Ce décalage entre la teneur réelle de la résolution, votée par une large majorité, et la communication officielle marocaine, souligne une stratégie visant à occulter les points du texte relatifs au droit humanitaire et à la responsabilité onusienne.