Des témoignages récents mettent en lumière le racisme systémique dont sont victimes les Français d'origine arabe et maghrébine dans le monde du travail. Au-delà des difficultés de recrutement, ces citoyens font face à des obstacles persistants lors de leurs évolutions de carrière. Certains sont contraints de dissimuler leurs origines pour échapper aux préjugés. Le cas de Salim, étudiant stagiaire dans l'hôtellerie parisienne, illustre ce sentiment d'exclusion, tout comme le témoignage d'Ayoub Nouh, un cadre informatique ayant constaté une éviction systématique des candidats aux noms maghrébins. Selon des données de 2024 émanant du Défenseur des droits et de l'Organisation internationale du travail, les personnes perçues comme arabes, noires ou maghrébines sont 2,8 fois plus exposées aux discriminations à l'embauche que les personnes perçues comme blanches. Malgré cela, seulement 12 % des victimes entament des démarches de signalement. La sociologue Anne Zu-Thalamy souligne que ce phénomène repose sur une assignation raciale, où l'origine détermine injustement la place et les capacités supposées d'un employé au sein d'une entreprise.