Le paysage politique et médiatique français est le théâtre d'une inversion des rôles surprenante : la France, qui a longtemps scruté la notion de « main étrangère » à l'étranger, accuse désormais l'Algérie d'être derrière les mouvements de contestation sociale qui secouent l'Hexagone. Ces accusations, portées par des figures de la droite, des analystes et des médias, surviennent sans preuves concrètes et semblent occulter les crises internes réelles que traverse le système français. Depuis 2019, et le renforcement des liens entre le président Tebboune et la diaspora algérienne, Paris manifeste une certaine hostilité face à l'attachement retrouvé des Algériens de France pour leur pays d'origine. Plutôt que de reconnaître les avancées diplomatiques, économiques et sociales initiées par Alger, les médias français privilégient une rhétorique accusatoire pour détourner l'attention du public des difficultés socio-économiques locales. Cette stratégie est perçue par beaucoup comme le signe d'un essoufflement politique et diplomatique majeur de la part des autorités françaises.