La Tunisie traverse une période de tension financière marquée par une multiplication des emprunts intérieurs et extérieurs pour combler ses déficits budgétaires. Selon l'Observatoire tunisien de l'économie, le pays a contracté 33 prêts entre 2023 et 2025. La dette totale a triplé en dix ans, passant de 47,2 milliards de dinars en 2015 à 136,6 milliards en 2024. Après avoir tourné le dos au FMI en 2020, l'État a intensifié le recours au financement local, dont la part dans le budget est passée de 30 % à 62 %. Le rapport souligne également que certains prêts assortis de conditions avantageuses en apparence comportent des contreparties politiques ou économiques implicites, soulevant des inquiétudes sur la souveraineté nationale, alors que le Parlement a validé la quasi-totalité des accords soumis.