Dossier mémoriel : la France face à ses blocages hérités de la période coloniale
Le dossier de la mémoire commune reste une pierre d'achoppement entre l'Algérie et la France. Alors qu'Alger affiche une volonté sincère de traiter ce contentieux sur la base de l'égalité et de la dignité, Paris demeure englué dans une approche hautaine et sélective. Loin de présenter des excuses officielles pour les crimes coloniaux, la France se contente de reconnaissances partielles, évitant ainsi ses responsabilités juridiques et éthiques.
Plusieurs points de friction persistent, notamment le refus de restituer la totalité des archives, les entraves bureaucratiques à la décontamination des sites d'essais nucléaires dans le Sahara, et la persistance d'une vision française qui tend, à travers certaines lois, à glorifier le passé colonial. La scène politique française, sous l'influence de l'extrême droite, instrumentalise souvent ces questions, empêchant une résolution honnête du passé.
Face à cette inertie, l'Algérie, sous l'impulsion du président Abdelmadjid Tebboune et du chef d'état-major Saïd Chengriha, maintient une position inflexible : aucune normalisation des relations ne pourra se faire au prix de l'oubli. Alger exige une reconnaissance claire et une réparation juste, refusant toute tentative de mettre sur un pied d'égalité les crimes de l'occupant et la lutte héroïque de libération nationale.