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Gazoduc transsaharien : Alger privilégie une progression réaliste du projet

L’Algérie poursuivra le développement du projet de gazoduc transsaharien selon une approche réaliste, coordonnée et responsable, en tenant compte des exigences techniques, commerciales, sécuritaires et financières, a déclaré lundi à Oran le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Il s’exprimait à l’ouverture de la 14e édition du salon et congrès de l’énergie et de l’hydrogène pour l’Afrique et le bassin méditerranéen, NAPEC 2026.

Le gaz naturel conservera une place importante dans le bouquet énergétique, a-t-il affirmé, notamment pour la flexibilité qu’il apporte aux systèmes énergétiques et son appui au développement industriel. Selon les prévisions internationales, les besoins en pétrole et en gaz devraient se maintenir au cours des prochaines décennies. Le ministre a ainsi estimé nécessaire de continuer à investir dans ce secteur, tout en développant les énergies propres et les technologies à faibles émissions de carbone.

Mohamed Arkab a plaidé pour un bouquet énergétique équilibré, mobilisant différentes sources afin de répondre à la hausse de la demande, d’améliorer l’efficacité et de réduire les émissions. Il a également indiqué que Sonatrach accorde une importance croissante à la baisse des émissions, à l’efficacité énergétique et à la mesure de sa performance climatique. Le groupe vise la fin du torchage systématique du gaz d’ici à 2030 et des émissions de méthane proches de zéro dans le même horizon.

Le gazoduc transsaharien s’inscrit, selon le ministre, dans la volonté de l’Algérie de renforcer son rôle de plateforme régionale reliant les ressources énergétiques africaines aux marchés méditerranéens et européens. Le projet pourrait aussi élargir l’accès à l’énergie et procurer des retombées économiques et sociales aux pays traversés.

Les études techniques et économiques ont enregistré des avancées importantes, a-t-il ajouté. Il a rappelé que les travaux sur le tronçon algérien avaient commencé en juin dernier dans la région d’In Salah, dans la wilaya d’Adrar, après la tenue de la cinquième réunion ministérielle consacrée au projet.

De son côté, Warren Murdoch, président de la Chambre de commerce américaine en Algérie, a estimé que les mutations du marché mondial de l’énergie et le retour de la sécurité énergétique au premier rang des priorités créaient une occasion stratégique de renforcer le partenariat énergétique entre l’Algérie et les États-Unis. Il a présenté l’Algérie comme une destination d’importance stratégique pour les investisseurs américains, au regard de ses ressources, de sa position géographique et de ses ambitions dans le secteur.

Murdoch a rappelé que l’Algérie est un important producteur de gaz et un fournisseur du marché européen, et que les relations entre les entreprises américaines et Sonatrach remontent à plusieurs décennies. L’attractivité du pays repose, selon lui, sur ses ressources énergétiques, les conditions offertes aux investisseurs, sa situation géographique et la présence d’un partenaire déterminé à développer le secteur. Il a enfin souligné que l’Algérie relie l’Afrique à l’Europe grâce à sa position, à ses installations de gaz naturel liquéfié et à ses réseaux directs de transport de gaz, des atouts en phase avec l’évolution des besoins européens.