Prévues le 28 novembre prochain, les élections locales se déroulent dans un contexte où les partis peinent à compléter leurs listes de candidats et où l’enthousiasme et la compétition sont en recul. Elles restent néanmoins parmi les scrutins les plus complexes en Algérie, en comparaison des élections législatives et présidentielle, en raison des enjeux et des sensibilités locales qu’elles mobilisent.
Les services administratifs et de sécurité, ainsi que les délégations et coordinations de l’Autorité nationale indépendante des élections, intensifient leur travail d’encadrement et de suivi des élections des assemblées populaires communales et de wilaya à l’approche de la campagne. La compétition touche directement le quotidien et l’environnement immédiat des citoyens, qui peuvent s’engager en votant, en faisant campagne ou en soutenant un candidat ou une liste.
Les rivalités s’entrecroisent aussi avec les liens sociaux, tribaux et régionaux. Elles peuvent alimenter des tensions politiques et des conflits qui dépassent parfois les candidats pour toucher leurs familles et leurs clans. Avec le temps, les acteurs de la vie politique locale ont toutefois appris à mieux gérer la compétition. Ils privilégient davantage des méthodes de campagne plus mesurées et cherchent à convaincre les électeurs en s’appuyant sur leurs relations personnelles, professionnelles et familiales.
Kaddour Djربوعه, ancien responsable de la communication au secrétariat général du Front de libération nationale, estime que la charge de travail des services de sécurité s’est fortement accrue, notamment pour les enquêtes sur les dossiers de candidature, en raison de leur nombre aux niveaux communal et de wilaya. Il cite l’exemple de Sidi Aïssa, dans la wilaya de M’Sila : avec 30 noms sur une liste de wilaya et dix listes en lice, les services concernés pourraient avoir près de 300 dossiers à traiter, sans compter les échanges et les relations qui les entourent. La pression concerne également l’ensemble de la wilaya.
Du côté des partis, l’examen des candidatures est devenu relativement plus facile, selon lui, car plusieurs formations ont du mal à trouver des candidats. La situation diffère des années précédentes, lorsque les dossiers étaient d’abord étudiés dans les bureaux des partis au niveau des wilayas, puis transmis aux sièges centraux. Autrefois, accéder au secrétaire ou au responsable du parti dans une wilaya constituait déjà une étape importante et supposait des relations et des contacts. Aujourd’hui, les partis s’efforcent au contraire de recruter des candidats et de permettre des candidatures dans le plus grand nombre possible de communes.
Sur le plan logistique, l’organisation du scrutin exige une attention particulière, compte tenu du nombre de candidats et des soutiens et électeurs qui les accompagnent.