Dans le cadre de nouvelles réflexions stratégiques, l'Union européenne, sous l'impulsion de l'Espagne, envisage de mettre en balance la question de la République du Rif pour contrer la pression marocaine sur les enclaves de Ceuta et Melilla. Après des années de tensions liées aux dossiers de l'immigration et au chantage exercé, selon les Européens, par Rabat, Madrid semble vouloir changer de paradigme. Le soutien croissant au Parti national rifain, désormais actif en Belgique, en France et en Espagne, s'inscrit dans cette stratégie. Les observateurs européens estiment que le Rif, en raison de son histoire et de la situation des droits de l'homme sur place — marquée par la répression des opposants et une marginalisation économique — pourrait devenir un levier de pression. En réponse à toute tentative marocaine de judiciariser la question de Ceuta auprès de l'ONU, l'UE pourrait soutenir le droit à l'autodétermination du peuple rifain, perçu par certains milieux européens comme étant culturellement et politiquement plus proche de l'Occident.