La professeure Radia Ben Semman, enseignante à la faculté de pharmacie et responsable au ministère de la Santé, préconise une révision des règles encadrant la qualité de l’eau utilisée pour l’hémodialyse. Elle estime que le cadre doit tenir compte des progrès scientifiques et techniques ainsi que des normes internationales. L’eau entrant dans la préparation du liquide de dialyse est un élément essentiel de la sécurité des patients : une séance peut en mobiliser près de 150 litres.
Parmi les pistes avancées figure la mise à jour de la décision réglementaire de 2002. La surveillance devrait couvrir l’ensemble du dispositif, de la station de traitement au réseau de distribution, et s’appuyer sur des procédures communes de prélèvement et d’analyses physiques, chimiques et microbiologiques. Ben Semman plaide également pour un contrôle obligatoire des endotoxines, considérées comme un indicateur important de la qualité de l’eau.
Le président de l’Association algérienne de néphrologie, Nabil Blek, souligne qu’il faut distinguer la mesure des endotoxines de la recherche des micro-organismes cultivables : ces deux indicateurs n’évaluent pas le même aspect de la qualité de l’eau. Il recommande aussi de mesurer chaque jour le chlore total dans la station de traitement afin d’en surveiller le niveau et de prévenir ses effets potentiels sur le traitement et la distribution de l’eau.
Pour les contrôles microbiologiques, les recommandations évoquent l’uniformisation des méthodes de détection et des conditions d’incubation. La procédure présentée prévoit une incubation à 22 °C pendant sept jours, sur des milieux de culture pauvres en nutriments, notamment R2A et TGEA. L’association préconise par ailleurs d’aligner les normes nationales sur la norme internationale ISO 23500 et d’actualiser les limites de référence de plusieurs éléments chimiques.
Selon l’association, toute défaillance dans le traitement, le stockage ou la distribution de l’eau peut exposer les patients à des risques chimiques ou microbiologiques. Une surveillance continue de chaque étape est donc nécessaire pour renforcer leur sécurité et préserver la qualité des soins.