À l’approche de la présidentielle française prévue au printemps prochain, les relations avec l’Algérie ont pris une place croissante dans les débats des candidats souhaitant participer à la primaire socialiste, programmée le vendredi 9 octobre.
Le débat, qui s’est déroulé dans la nuit de dimanche à lundi pendant plus de trois heures, réunissait le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidentielle et présidente de l’association France-Algérie, ainsi que les députés Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel. Les participants ont aussi critiqué Emmanuel Macron, qu’ils ont tenu pour responsable de la dégradation des relations avec l’Algérie, considérée comme un partenaire de la France.
Lors d’un échange retransmis par BFM TV, Olivier Faure a vivement contesté la politique étrangère du président, en particulier à l’égard de l’Algérie et du Sahel. Il a estimé que la France avait perdu du terrain en Algérie et appelé à intensifier le dialogue avec ce pays, notamment dans le contexte de la crise énergétique mondiale. Il s’est également interrogé sur les raisons pour lesquelles la France ne parvenait pas à renouer ses partenariats avec plusieurs pays africains qui s’en étaient éloignés, estimant que Paris avait donné l’impression de ne pas être suffisamment présent.
Sur France Inter, le lundi 5 octobre au matin, Ségolène Royal a refusé la tentative du journaliste Benjamin Duhamel, venu de CNews, de l’amener à qualifier les autorités algériennes d’autoritaires. Elle a répondu qu’il appartenait au peuple algérien de déterminer qui le gouverne et qu’il fallait aussi regarder ce qui se passait en France. Elle a évoqué le traitement policier réservé à des lycéens de 14 ans lors de manifestations dans les rues et qualifié de barbares certaines scènes observées à Paris, déclenchant un échange tendu avec le journaliste.
Royal a également rejeté l’utilisation des affaires de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et du journaliste sportif Christophe Gleizes pour accabler les autorités algériennes. Elle a rappelé que Gleizes avait reconnu une infraction et demandé pardon à la justice. Elle a aussi affirmé que le consul algérien était toujours détenu à Paris, avant de demander si une telle situation était raisonnable. Elle a par ailleurs opposé aux critiques de l’Algérie la visite du pape dans le pays et celle, la semaine précédente, des ministres de l’Énergie italien, allemand et autrichien, qui avaient signé un accord pour acheminer de l’hydrogène vert algérien vers leurs pays.
Ségolène Royal a mis en garde contre les conséquences d’une détérioration des relations entre Paris et Alger pour les intérêts des entreprises françaises présentes en Algérie, affirmant que des centaines avaient fait faillite. Elle a aussi souligné les besoins énergétiques de la France dans un contexte de crise mondiale, évoquant les événements du Golfe arabe qu’elle a reliés à l’agression israélo-américaine contre l’Iran. Royal avait déjà appelé à plusieurs reprises Emmanuel Macron à réparer les relations avec l’Algérie avant qu’il ne soit trop tard.